Démographie des entreprises: Bilan 2025

En 2025, le nombre d’entreprises continue d’augmenter et les créations atteignent un niveau record, toujours boostées par la réforme de l’accès à la profession. Cette vitalité s’accompagne toutefois d’une hausse soutenue des cessations et des faillites, révélant un contexte économique plus fragile qu’il n’y paraît.

Chaque année, nos analystes publient une note statistique consacrée à la démographie des entreprises en Région de Bruxelles-Capitale. Créations, cessations, faillites, migrations et dynamique entrepreneuriale y sont analysées afin de mieux comprendre l’évolution du tissu économique bruxellois.

Les créations d’entreprises se maintiennent à un niveau élevé

Avec 15.672 nouvelles entreprises créées en 2025, Bruxelles enregistre un niveau de création élevé par rapport aux années précédentes.

La réforme de l’accès à la profession, entrée en vigueur début 2024 et supprimant l’obligation de démontrer des compétences de gestion de base pour lancer une activité, continue vraisemblablement d’exercer un effet positif sur l’entrepreneuriat bruxellois. Le phénomène est particulièrement visible dans certains secteurs comme la construction, le transport ou l’HoReCa, qui ont bénéficié d’un afflux marqué de nouveaux entrepreneurs depuis deux ans.

Si ce niveau élevé de créations témoigne d’un certain dynamisme entrepreneurial, il reste encore à voir dans quelle mesure ces nouvelles entreprises parviendront à s’ancrer durablement dans le tissu économique bruxellois, à dépasser les premières années d’activité et à contribuer à la création d’emplois et de valeur ajoutée de la Région.

Une dynamique positive freinée par la hausse des cessations

Cette vitalité ne doit toutefois pas masquer une autre réalité : les entreprises sont aussi de plus en plus nombreuses à cesser leurs activités. En 2025, plus de 12.000 cessations ont été enregistrées, soit une nouvelle hausse après plusieurs années déjà marquées par une progression continue.

Une partie de cette évolution est mécanique : lorsqu’il y a davantage d’entreprises, il y a également davantage d’arrêts d’activité. Mais l’ampleur de cette hausse dépasse ce simple effet démographique, et la succession des crises récentes continue de peser sur les entreprises bruxelloises.

Les faillites poursuivent leur progression

En 2025, 2.190 entreprises bruxelloises ont ainsi été déclarées en faillite, soit près de 14 % de plus qu’en 2024. Bien que ce niveau reste inférieur à celui observé avant la pandémie, il n’en reste pas moins relativement élevé en regard des années précédentes.

Le commerce, la construction et l’HoReCa figurent une nouvelle fois parmi les secteurs les plus exposés. Les conséquences sur l’emploi s’accentuent également : les faillites ont entraîné plus de 6 000 pertes d’emplois en 2025, soit une hausse de près de 46 % en un an.

Un solde de créations nettes positif mais en recul

Malgré la progression des cessations et des faillites, Bruxelles continue de créer davantage d’entreprises qu’elle n’en perd. En 2025, le solde reste positif, avec 3.301 créations nettes.

Ce résultat est néanmoins en retrait par rapport à l’année précédente, et après l’envolée exceptionnelle de 2024, les créations nettes reviennent progressivement vers un rythme plus habituel. La dynamique entrepreneuriale bruxelloise demeure par ailleurs supérieure à la moyenne nationale.

Des trajectoires sectorielles contrastées

L’évolution du tissu entrepreneurial bruxellois demeure très contrastée selon les secteurs. Si certains secteurs affichent encore une croissance soutenue, d’autres peinent à compenser la hausse des cessations et des faillites. L’industrie manufacturière poursuit ainsi son recul (-2,4 % entreprises en 2025), tandis que l’HoReCa (-0,3 %) et le commerce (-0,4 %) enregistrent également une légère contraction du nombre d’entreprises. À l’inverse, la santé et l’action sociale (+5,5 %) ainsi que les arts, spectacles et activités récréatives (+4,9 %) figurent parmi les secteurs les plus dynamiques de l’année.

Les situations les plus fragiles concernent l’HoReCa et le commerce. Malgré des créations toujours nombreuses, ces secteurs restent fortement exposés aux cessations et aux faillites. Dans l’HoReCa, le taux de faillite atteint 5,1 %, le plus élevé parmi les principaux secteurs d’activité. Le commerce concentre quant à lui près d’un quart des faillites bruxelloises (23 %) et demeure le secteur le plus touché en nombre absolu.

À l’inverse, la construction et le transport et entreposage bénéficient encore des effets de la réforme de l’accès à la profession. Malgré une forte progression des cessations, les créations restent à des niveaux historiquement élevés, permettant à ces secteurs de poursuivre leur croissance. Les activités de services, notamment les activités spécialisées, scientifiques et techniques ainsi que les services administratifs et de soutien, continuent également d’afficher une dynamique entrepreneuriale robuste.

Un déficit migratoire qui réapparaît

La démographie des entreprises ne dépend pas uniquement des créations et des cessations. Les mouvements d’entreprises entre régions jouent également un rôle important. Sur ce point, Bruxelles reste confrontée à un phénomène bien connu : davantage d’entreprises quittent la Région qu’elles ne s’y installent.

En 2024, ce déficit migratoire s’est réduit de moitié grâce à l’arrivée de nombreuses entreprises flamandes encouragées par la réforme de l’accès à la profession. Le déficit se creuse néanmoins à nouveau dès 2025 jusqu’à retrouver un niveau similaire aux années antérieures (-800 entreprises).  

Pour autant, avec une intensité migratoire de 4,96%, Bruxelles reste un pôle économique majeur et la région la plus dynamique du pays en matière de migrations.

Le véritable défi : faire grandir les entreprises

Les chiffres de 2025 montrent que les créations demeurent à un niveau élevé et plusieurs secteurs continuent d’afficher une dynamique particulièrement soutenue. Dans le même temps, la progression des cessations et des faillites rappelle que créer une entreprise ne garantit pas sa pérennité.

L’enjeu des prochaines années sera donc moins d’augmenter encore le nombre de nouvelles entreprises que de renforcer leur capacité à se consolider, à résister aux chocs économiques et à franchir les étapes nécessaires à leur développement. Cette question est d’autant plus importante que le tissu économique bruxellois est composé en grande majorité de très petites structures, souvent plus vulnérables face aux difficultés conjoncturelles.

Dans ce contexte, le véritable enjeu n’est plus seulement de favoriser la création d’entreprises, mais de permettre à celles-ci de se développer, d’atteindre une taille critique et de s’inscrire durablement dans le tissu économique bruxellois. Au-delà de la création, c’est donc la capacité à accompagner ces entreprises dans leur consolidation et leur croissance qui fera la différence.

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