Le commerce de détail en Région de Bruxelles-Capitale est un secteur analysé régulièrement. Mais si les études sur l’activité commerciales sont multiples, peu d’informations sont toutefois disponibles sur le profil des entrepreneurs qui participent à cette économie. Réalisée en collaboration avec l’IGEAT-ULB, cette étude vise à compléter la connaissance du tissu entrepreneurial commercial bruxellois au moyen d’une vaste enquête menée dans le courant de l’année 2019.
Divisée en plusieurs thématiques, l’enquête vise ainsi à établir un profil socio-démographique des commerçants indépendants et non-franchisés établis à Bruxelles. Parmi ces thématiques, il y a le parcours scolaire, l’expérience professionnelle, la nationalité ou encore l’usage des langues. Cette approche a permis de dresser de nombreux constats.
Une majorité d’entrepreneurs jeunes et expérimentés
En Belgique, la moité des commerçants a moins de 35 ans. Mais Bruxelles se différencie du reste du pays puisque deux tiers des entrepreneurs-commerçants se situent sous cette barre. Cette jeunesse est également observée au travers d’autres informations récoltées comme le parcours des personnes sondées.
Par exemple, grâce à l’évaluation de l’âge d’entrée dans le secteur (que ce soit en tant que gérant ou employé), il ressort qu’approximativement 50 % des répondants ont démarré leur carrière dans le commerce avant d’atteindre 25 ans. Et en se penchant sur l’estimation du nombre d’années d’expérience, l’enquête a montré que presque trois quarts des commerçants avait plus de cinq ans d’expérience dans le secteur.
Un besoin d’être formé au métier de commerçant
L’analyse du parcours des entrepreneurs-commerçants montre également que plus de 75 % des personnes sondées ont terminé leurs études secondaires et que, parmi elles, 25 % ont réalisé des études supérieures. Plus les répondants ont réalisé des études poussées, plus ces dernières sont perçues comme utiles dans l’exercice de leur métier.
Par ailleurs, l’enquête montre que les formations professionnalisantes et, surtout, les formations complémentaires, sont perçues par les personnes sondées comme plus utiles pour leur métier que les études. La sensibilisation des personnes attirées par le métier d’entrepreneur-commerçant à faire des choix adaptés en matière de formation est donc crucial pour garantir le succès de leur entreprise.
De nombreuses nationalités représentées, mais presque une seule langue pratiquée
L’enquête aborde également la question des langues utilisées par les commerçants pour s’adresser à leurs clients. Dans l’échantillon, près de 60 % des personnes sondées ne pratiquent qu’une seule langue avec leur clientèle tandis que 25 % en pratiquent deux. Le français s’avère incontournable puisque presque l’entièreté des entrepreneurs-commerçants interrogés le pratique. Viennent ensuite l’anglais, parlé par un tiers des personnes sondées, et dans une moindre mesure le néerlandais et l’arabe.
Si les quatre langues citées sont celles principalement utilisées par les entrepreneurs-commerçants, l’échantillon a permis d’identifier plus de 30 langues utilisées dans les conversations avec les clients. Ces langues renvoient directement à l’origine et à la nationalité de l’entrepreneur-commerçant.
En effet, dans l’échantillon bruxellois sondé, plus de 40 % des répondants étaient de nationalité étrangère et représentaient 51 nationalités différentes. Mais comme pour l’emploi des langues, si une certaine diversité est observée, quelques nationalités sont fort représentées : marocaine (un entrepreneur-commerçant non belge sur cinq), française et turque (un non-belge sur dix).
Une réelle diversité dans les profils
Si l’étude a permis de mettre en lumière ces quelques constats généraux, les analyses réalisées à une échelle plus fine ont montré que le tissu entrepreneurial commercial bruxellois présente une réelle diversité qui ne semble pas dépendre d’une catégorie de commerce ou d’une logique territoriale spécifique. Il semble donc impératif de garantir un service d’accompagnement accessible à tous, quel que soit leur origine, leur niveau de formation ou encore leur âge.