Chaque année, nos analystes publient une note statistique consacrée à la démographie des entreprises en Région de Bruxelles-Capitale. Créations, cessations, faillites, migrations et dynamique entrepreneuriale y sont analysées afin de mieux comprendre l’évolution du tissu économique bruxellois.
Le nombre d’entreprises continue de progresser
En 2021, la Région de Bruxelles-Capitale comptait 115.541 entreprises assujetties à la TVA, contre 108.243 en 2018. Malgré cette progression globale, les créations d’entreprises restent en retrait par rapport à la période précédant la crise sanitaire.
Le nombre de starters bruxellois a augmenté de 2,5% par rapport à 2020, mais demeure inférieur de 8,8% au niveau enregistré en 2018. La reprise apparaît plus soutenue à l’échelle nationale, où les créations progressent de 9,5% par rapport à 2020 et dépassent légèrement leur niveau de 2018.
Une dynamique entrepreneuriale toujours en retrait
Les cessations d’entreprises ont elles aussi augmenté de 2,5% en 2021 à Bruxelles. Elles restent toutefois inférieures de 3,1% au niveau observé en 2018.
La progression comparable des créations et des cessations limite le nombre de créations nettes. La part de celles-ci dans la population des entreprises actives reste stable par rapport à 2020, mais recule de 20,1% par rapport à 2018. À l’inverse, cet indicateur progresse au niveau belge, tant par rapport à 2020 que par rapport à 2018.
La part des entreprises bruxelloises dans l’ensemble des entreprises belges diminue ainsi légèrement, passant de 11,3% en 2018 à 10,8% en 2021.
Deux secteurs concentrent près de la moitié des créations nettes bruxelloises
La dynamique entrepreneuriale varie fortement selon les secteurs. En Belgique, la construction et le commerce représentent près de 30% des créations nettes en 2021, contre seulement 12% à Bruxelles.
Dans la capitale, les activités spécialisées, scientifiques et techniques ainsi que le secteur de l’information et de la communication occupent une place beaucoup plus importante. Ensemble, ils représentent près de la moitié des créations nettes bruxelloises, contre un peu moins de 30% au niveau national.
Certains secteurs restent particulièrement affectés par les conséquences de la crise sanitaire. Le nombre d’entreprises actives dans le commerce et l’HoReCa recule ainsi depuis 2018. À l’opposé, l’enseignement et la santé figurent parmi les secteurs les plus dynamiques en 2021. Le secteur bruxellois des arts, spectacles et activités récréatives se distingue également par une dynamique supérieure à celle observée au niveau belge.
Les faillites repartent à la hausse
Les mesures de protection instaurées pendant la crise sanitaire ont fortement limité le nombre de faillites depuis 2020. À Bruxelles, celles-ci restent 40% sous leur niveau de 2019.
Une remontée est néanmoins observée en 2022. Le nombre de faillites progresse de 33% en Région bruxelloise, contre 42% à l’échelle nationale. Près de 60% des faillites déclarées se concentrent dans trois secteurs : la construction, le commerce et l’HoReCa.
Ces faillites ont entraîné 4.266 pertes d’emplois à Bruxelles en 2022, soit 4,3% de plus qu’en 2021. Leur nombre reste cependant inférieur de 32,3% au niveau de 2019.
Le déficit migratoire des entreprises continue de se creuser
La Région de Bruxelles-Capitale présente toujours un solde migratoire négatif. Entre 2018 et 2021, ce déficit s’est accentué sous l’effet d’une augmentation des départs, tandis que les arrivées d’entreprises sont restées stables. Sur la même période, la Flandre et la Wallonie enregistrent au contraire une hausse de plus de 50 % de leur surplus migratoire.
Presque tous les secteurs bruxellois sont concernés. Seul le secteur des transports et de l’entreposage affiche un léger surplus, avec huit entreprises supplémentaires sur la période. La construction et les activités spécialisées, scientifiques et techniques sont les plus touchées par les départs d’entreprises non compensés par de nouvelles arrivées.