Réalisée grâce à la collaboration entre hub.brussels, perspective.brussels et l’Université Libre de Bruxelles, cette étude de 2017 compare plusieurs inventaires de terrain réalisés à différentes périodes et reconstitue ainsi près de septante ans d’histoire commerciale régionale.
Une reconfiguration du tissu commercial
En comparant la répartition des commerces sur le territoire entre 1950, 1969, 1997 et 2017, l’étude montre clairement une diminution de l’offre commerciale à Bruxelles. Passant de 42.000 à moins de 21.000 points de vente, le commerce bruxellois a connu une diminution d’un peu plus de 50%.
Toutefois, cette baisse n’est pas synonyme de disparition. Elle reflète plutôt une profonde transformation du secteur, marquée par l’apparition de nouvelles formes de commerce et de services, le développement de la grande distribution, l’augmentation de la taille moyenne des magasins et une évolution de la géographie des points de vente.
En effet, les modifications du tissu commercial ne concernent pas toutes les zones de manière uniforme. D’une part, dans le centre et la première couronne, le commerce s’est progressivement concentré sur les axes les plus fréquentés et dans les pôles traditionnels les plus attractifs, abandonnant les espaces commerçants et les rues secondaires à d’autres fonctions urbaines.
D’autre part, de nouveaux pôles commerciaux ont émergé sous la forme de centres commerciaux et de grands ensembles planifiés tels que le Woluwe Shopping Center, le Basilix shopping center, Dockx Brussels ou encore le centre commercial Cora à Anderlecht. Certains grands axes routiers, comme la chaussée de Waterloo ou la chaussée de Louvain, ont également renforcé leur attractivité grâce aux flux automobiles et à la périurbanisation.
Des changements liés aux nouveaux modes de vie
La recomposition n’est pas uniquement spatiale, elle touche également les types de commerces présents sur le territoire. L’étude montre que le commerce évolue en permanence pour répondre à de nouveaux besoins et à de nouvelles pratiques de consommation, elles-mêmes influencées par les transformations technologiques, culturelles et économiques de la société.
Globalement, Bruxelles voit son offre en commerces d’alimentation et d’équipement de la personne se réduire tandis que les services et la restauration sont davantage présents dans les quartiers. Mais derrière ces grandes tendances, certains types de commerces ont connu un net déclin tandis que d’autres sont en plein essor.
Dans l’alimentaire, les boulangeries, les boucheries et autres commerces spécialisés ont décliné et subissent l’émergence des supermarchés. Dans les loisirs, les librairies, magasins de photographie ou disquaires sont confrontés à la concurrence du commerce en ligne, du téléchargement et des grandes enseignes spécialisées. Quant aux services, les agences de voyage et les banques voient leur fréquentation diminuer à mesure que leurs services sont accessibles en ligne. Finalement, les vidéoclubs deviennent totalement obsolètes avec le streaming.
En revanche, les agences immobilières se multiplient sous l’effet du dynamisme du marché immobilier bruxellois. Les instituts esthétiques et les commerces liés au bien-être progressent fortement. Les commerces bio se développent et traduisent une tendance à acquérir des produits plus sains. Les agences de titres-services apparaissent même comme une nouvelle nature commerciale, portée par la volonté des pouvoirs publics de sortir du marché noir l’externalisation des tâches ménagères.