Accompagner les chantiers dans les quartiers commerçants à Bruxelles

Si les travaux sont indispensables pour moderniser les infrastructures, améliorer la mobilité ou rénover l’espace public, ils génèrent également de nombreuses nuisances. Les commerces font souvent partie des principales victimes collatérales des travaux, avec des conséquences pouvant aller jusqu’à la fermeture de certains établissements. Cette publication propose de comprendre comment les travaux sont perçus par les personnes directement impactées par ces derniers et suggère une série de pistes concrètes pour mieux accompagner ces périodes de transition.

Réalisée en 2017, ce deuxième volet de la série « Pourquoi & Comment » creuse la question de l’impact des chantiers urbains sur les quartiers commerçants et se repose sur une enquête menée auprès de 720 clients et 50 commerçants dans plusieurs quartiers de Bruxelles.

Des impacts économiques pouvant être limités par une bonne communication

D’après les commerçants interrogés, les chantiers engendreraient une baisse de leur chiffre d’affaires de l’ordre de 30% pendant leur durée. La principale cause identifiée est la diminution de la fréquentation de leur établissement, elle-même générée par les difficultés d’accès, les problèmes de stationnement, les nuisances sonores et la poussière. Pourtant, la plupart des clients déclare ne pas modifier fondamentalement ses habitudes d’achat. En effet, presque 90% des personnes interrogées continuent à fréquenter le quartier malgré les travaux.

Le problème n’est pas tant l’existence du chantier, mais plutôt la manière dont celui-ci est organisé et, plus spécifiquement, communiqué. En effet, les résultats de l’enquête indiquent que 40% des commerçants interrogés n’ont reçu aucune information avant le début des travaux. Du côté des clients, la situation est encore plus marquante puisque 86% des répondants ayant vécu un chantier dans leur quartier déclarent ne pas avoir été informés au préalable.

Or, lorsqu’ils sont mal préparés ou mal expliqués, les chantiers créent de l’incompréhension, du mécontentement et accentuent la perception négative des travaux. L’importance de communiquer s’avère primordiale, et ce, dès les premières phases du projet.

Mais informer ne signifie pas uniquement indiquer la présence d’un chantier en début de projet. Il faut expliquer la raison des travaux, leurs bénéfices futurs, leur calendrier ainsi que les mesures d’accompagnement qui auraient été prévues. De plus, cela doit se faire de manière continue et selon différents canaux : réunions d’information, courriers, affichages, réseaux sociaux, sites internet et contacts personnalisés doivent se compléter afin de toucher tous les publics concernés.

Faire du chantier une opportunité de renforcer la collectivité

La publication considère que les chantiers ne doivent plus être perçus uniquement comme des périodes de nuisances mais aussi comme des occasions de dynamiser les quartiers et de renforcer la coopération entre les acteurs locaux. Les auteurs mettent en avant plusieurs exemples inspirants observés en Europe et au Canada (animations artistiques et/ou pédagogiques, parcours commerciaux permettant, etc.) visant à maintenir voire renforcer l’attractivité du quartier touché par un chantier.

Dans cet esprit, les commerçants doivent être considérés comme des partenaires et non comme de simples destinataires d’informations. Intégrés suffisamment tôt dans le processus, ils peuvent devenir a minima des relais efficaces auprès de leurs clients et contribuer à diffuser une image plus positive du projet. Les impliquer davantage permet de les fédérer, de les faire participer aux décisions et de devenir, même au-delà du chantier, des acteurs essentiels du changement urbain.

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