Quatrième volet de la série « Pourquoi et Comment », cette étude s’intéresse à la capacité des commerçants à se fédérer pour défendre leurs intérêts et renforcer l’attractivité de leur quartier. D’abord, elle analyse le rôle, le fonctionnement et le cadre juridique des associations de commerçants. Ensuite, elle propose une série de conseils pratiques destinés à aider les commerçants à créer, gérer ou redynamiser une association locale.
Un outil de représentation et de développement local
Les associations de commerçants rassemblent les acteurs d’un même territoire afin de défendre les intérêts de ses membres auprès des autorités publiques, des administrations et des autres acteurs du quartier. Elles se placent comme le vecteur de participation des commerçants aux réflexions relatives à l’espace public, à la mobilité, à la propreté, etc. En facilitant la circulation de l’information entre les commerçants et en offrant aux pouvoirs publics un interlocuteur unique, elles permettent de transformer une multitude d’intérêts individuels en une voix collective, crédible et influente.
Mais leur rôle ne se limite toutefois pas à la représentation puisqu’elles organisent des actions visant à renforcer l’attractivité commerciale du quartier. Qu’il s’agisse d’animations, d’événements, de campagnes promotionnelles, de décorations ou encore de campagnes publicitaires, la mutualisation des ressources permet de réaliser de nombreux projets qu’aucun commerçant ne pourrait financer seul.
Quelques bonnes pratiques pour une association réussie
Pour être pérennes, les associations de commerçants doivent s’appuyer sur une organisation claire, des règles précises et une gouvernance solide. Cela passe d’abord par le choix d’une forme juridique adaptée aux objectifs. Si l’association de fait présente l’avantage de la simplicité et de l’absence de formalités administratives, elle dispose de peu de moyens d’action par rapport à l’ASBL qui, notamment, permet de demander des subsides, de signer des contrats, de posséder un patrimoine, etc.
Évidemment, derrière les associations les plus dynamiques se trouvent généralement une ou deux personnes capables de fédérer les commerçants, de maintenir leur motivation et de représenter efficacement le quartier auprès des autorités. Élire un président capable de faire preuve d’écoute, de diplomatie, de vision stratégique et d’une grande capacité de mobilisation est un atout indéniable à la pérennité d’une association.
Ensuite la question des ressources financières apparaît essentielle. Si les cotisations des membres constituent souvent la base du financement, elles doivent être complétées par des subsides, des partenariats ou des opérations de sponsoring que seule une association dynamique et structurée sera en mesure d’obtenir. Car sans moyens financiers suffisants, les projets ambitieux demeurent difficiles à concrétiser.
Finalement, une association de commerçants ne peut survivre que si elle parvient à créer un sentiment d’appartenance partagé et cela passe notamment par la communication. D’abord en interne, pour maintenir l’implication des membres, renforcer leur cohésion et favoriser leur participation aux projets. Ensuite en externe, afin de promouvoir le quartier, valoriser les commerces et attirer de nouveaux visiteurs. Par ailleurs, en développant une identité pour le quartier, à travers un nom, un logo, un slogan ou une charte graphique, le territoire devient plus visible et plus reconnaissable, tout en donnant du sens aux actions menées.
En définitive, une association bien structurée, dotée d’une identité forte, animée par des membres engagés et soutenue par une stratégie de communication cohérente peut devenir un véritable moteur de développement économique et social pour tout un quartier.